Marin Ledun (Auteur), Brigitte Font Le Bret (Auteur), Bernard Floris (Postface) Pendant qu'ils comptent les morts : Entretien avec un ancien salarié de France Télécom et une médecin psychiatre | ![]() |
Début décembre 2009, France Télécom révèle avoir recensé 32 suicides de salariés depuis janvier 2008. Cette comptabilité morbide a engendré une polémique au sujet du caractère suicidogène de ce groupe et révélé au grand public le malaise des salariés. Pourtant, pour celles et ceux quiconnaissent l’entreprise, cette situation ne surprend pas. L’idée de ce livre est venue en écho des échanges menés depuis plusieurs années entre Marin Ledun, ancien salarié de France Télécom et Brigitte Font le Bret, médecin psychiatre. Cet ouvrage constitue un témoignage de ce qui se passe et s’est passé à France Télécom ou dans d’autres entreprises, du point de vue des salariés. Pression managériale, stress, humiliation… il tente de décrire les tenants et les aboutissants du mal-être au travail, de mettre en lumière la dimension pathogène de l’organisation managériale et de comprendre comment des salariés en sont arrivés à se tuer pour mettre un terme à leurs souffrances. La postface du sociologue Bernard Floris offre des clefs de compréhension sur évolution des pratiques managériales et leur impact sur les salariés.
Paul Moreira, Hubert ProlongeauTravailler à en mourir : quand le monde de l'entreprise mène au suicide |
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Quatre suicides en trois ans chez Renault sur le lieu de travail, dix-sept tentatives (dont huit « réussies ») chez France Télécom en quinze mois, une mort volontaire par jour au moins en entreprise d'après les médecins... C'est un fait : le travail tue. Au-delà des licenciements difficiles, du chômage, du harcèlement moral, les conditions professionnelles sont souvent devenues insupportables. Délocalisations, perte de sens, course à la performance, poids de la bourse laminent aussi bien les cadres les plus compétents que ceux qu'ils managent. Comment en sommes-nous arrivés là ?
Cette enquête plonge au coeur de l'entreprise. Chez Renault, sur laquelle on n'a jamais enquêté aussi profondément, dans la métallurgie, dans la banque, Paul Moreira et Hubert Prolongeau sont allés rencontrer ces hommes qui n'en peuvent plus, les familles de ceux qui ont sauté le pas, les patrons qui se sentent aussi prisonniers de cette logique meurtrière. Fort d'histoires bouleversantes, leur livre, qui approfondit un documentaire de Paul Moreira à l'audience exceptionnelle diffusé sur France 2 en 2008, est un pavé jeté dans la mare d'une dérive tragique. Au-delà de l'émotion, il décrit et fait comprendre cette mécanique qui rend malade. Et tue.
Olivier LABOURET |
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Comment l'idéologie économique dominante fait-elle pour s'emparer des esprits? L'évolution comportementaliste et scientiste (neurobiologique et génétique) de la psychiatrie contemporaine, répond aux intérêts du néolibéralisme.
Elle autorise ainsi une dérive gestionnaire et sécuritaire visant à renforcer la conformité de chacun et de tous aux normes dominantes.
Cette instrumentalisation de la psychiatrie par le sarkozisme, au mépris de la santé mentale, légitime la sélection eugénique des individus les plus performants, aptes à s'adapter aux impératifs insensés de la croissance de l'économie de marché et de consommation.
Dominique HUEZSouffrir au travail• Editions Privé - Paru en 09/2008 |
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Vous déprimez devant votre bureau ? Vous stressez dès que votre ordinateur s'allume ou que votre chef vous convoque pour un entretien ? Vous ne dormez plus ? Votre dos vous malmène depuis des mois ? Le coupable ? Votre travail. Plus précisément, vos conditions de travail. Depuis les récentes vagues de suicides chez Ibm, Renault, Edf, un coin du voile se soulève enfin dans les entreprises : nous sommes de plus en plus nombreux à perdre notre santé en travaillant.
Est-ce une fatalité ? Non.
Bien sûr que non.
Certes, il n'existe pas de remèdes miracle.
Il ne suffit pas d'apprendre à se relaxer, à respirer ni à devenir un professionnel du yoga.
Car le mal est plus profond : il provient de l'organisation du travail, du management moderne aveugle, des restructurations folles, entre autres, qui participent à transformer les entreprises modernes en machines à broyer les gens.
Une seule option : il faut travailler ensemble à modifier nos conditions de travail. Cesser d'adapter l'humain à l'entreprise pour adapter le travail aux hommes.
Ivan Du Roy |
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France Télécom est devenue un géant mondial des télécommunications. L’ancienne entreprise publique est présentée comme le modèle d’une privatisation réussie, dans un secteur qui connaît une extraordinaire mutation technologique. Mais il y a un grave revers à cette médaille, beaucoup moins médiatisé que les profits records de la firme : parmi ses 100 000 salariés hexagonaux, deux sur trois se déclarent stressés. Un mal-être généralisé qui a pour symptômes la banalisation du recours aux anxiolytiques, la progression des arrêts maladie de longue durée, l’augmentation des démissions et la multiplication troublante de suicides.
C’est cette réalité méconnue que dévoile ce livre, fruit d’une enquête auprès de salariés, de syndicalistes, de médecins ou d’experts en santé au travail. Et qui s’appuie également sur les travaux de l’Observatoire du stress et des mobilités forcées à France Télécom, créé à l’initiative d’organisations syndicales. Ivan du Roy y montre comment le « management par le stress » a été érigé en système par les dirigeants de l’entreprise, dans le but notamment de pousser vers la sortie des milliers de salariés. Ce management « sournois » et « vicieux » – selon les mots des salariés – s’est progressivement déployé avec la privatisation, alors que les profits s’accroissaient.
En ce sens, le cas de France Télécom est tristement exemplaire : c’est un laboratoire pour la gestion du personnel par la souffrance au travail, une expérimentation de ce qui peut se produire demain dans d’autres grandes entreprises et services publics, de La Poste à l’Éducation nationale.
Dominique Decèze • J.-C. Gawsewitch, Paris. Collection Coup de gueule - 14 novembre 2008 |
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Oui, la machine broie... Oui, la machine tue. Le travail est loin d'être une source d'épanouissement pour chaque individu. Le constat est dur. Alors qu'il est question d'ouvrir le capital de la Poste aux investisseurs privés, Dominique Decèze revient sur la privatisation de France Télécom et dénonce l'une de ses principales conséquences : la souffrance des employés.
Afin d'entrer dans le marché concurrentiel, France Télécom, devenu Orange, a opéré un redéploiement interne de ses effectifs. Depuis 1990, ce sont plusieurs dizaines de milliers de salariés qui ont changé de fonction, de statut, de lieu de travail. Ces mutations contraintes se sont appuyées sur une gestion agressive des ressources humaines.
Dominique Decèze, au cours d'une enquête minutieuse, montre l'étendue des dégâts et la violence délibérée avec laquelle l'entreprise s'est attaquée à son personnel. À France Télécom, le mal de vivre au travail est une réalité quantifiable : stress, dépression, maladies, suicides, fichages, pressions hiérarchiques, placardisation, harcèlement... Il cite des médecins du travail, débordés par le nombre croissant de personnes en souffrance et nous livre les témoignages bouleversants des salariés, pris à revers par leur DRH : comment admettre que la « libéralisation » d'une entreprise puisse se faire au prix de la santé, voire de la vie de ses employés ?
Roch Denis • Michel Lafon. Collection témoignage - 17 septembre 2009 |
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«J'ai la belle quarantaine, et une énergie à toute épreuve. Je travaille seize heures par jour, mais je tiens le coup. Depuis quelque temps, quand même, je souffre de l'estomac, je dors mal, je manque de concentration et me montre parfois agressif. Normal : je suis débordé ! J'ai fait tous les examens, les médecins sont formels : je n'ai Rien... Et voilà qu'un matin, je dois quitter une réunion, je ne me sens pas bien. Mes collègues me reverront dans quatre ans.»
Quatre ans de prostration, puis de dépression majeure. Voilà ce qui attend ceux à qui l'on demande trop, ou qui s'imposent trop à eux-mêmes. Roch Denis insiste sur les signes avant-coureurs de ce désastre programmé, et nous invite à ne pas les négliger. Le burn out se soigne, certes, mais peut-être vaut-il mieux réduire la pression avant d'en arriver là.
Alexandre des Isnards et Thomas Zuber• LGF. Le Livre de poche, n° 31488 - 9 septembre 2009 |
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Fin des hiérarchies, tutoiement, flexibilité, mobilité, nouvelles technologies : sur le papier, les nouvelles méthodes de management font rêver. Mais passé l'enthousiasme des premières semaines, elles carbonisent vite les jeunes recrues. Tendinite du BlackBerry, malaises vagaux dus au stress, manque de reconnaissance d'une jeunesse en «mode projet», départs pour des ONG de surdiplômés : dans des saynètes truculentes, on découvre les souffrances et les désillusions de la génération open space. Jusqu'à présent, elle continuait à faire bonne figure. Avec ce livre, elle décide d'ôter le masque.
Louis-Marie Barnier (coordination) • Syllepse, Paris. Note et document de la Fondation Copernic - 3 septembre 2009 |
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La course au profit, de moins en moins entravée, sème la maladie et la mort. La mise en danger d'autrui par des choix de politique économique bénéficie d'une incroyable mansuétude. Les condamnations restent rares, et trop souvent symboliques. Trop souvent les procédures relatives aux accidents mortels du travail sont classées sans suite. Trop souvent les condamnations ne touchent que les employeurs en bout de chaîne de sous-traitance, tandis que les grands donneurs d'ordre, dont la responsabilité dans l'organisation du travail est pourtant essentielle, ne sont qu'exceptionnellement concernés. La Fondation Copernic analyse dans ce livre le contexte d'une telle mansuétude. Elle propose des pistes pour faire de la question de la santé au travail une question politique au sens plein du terme.
Travailler tue aujourd'hui impunément : pour combien de temps encore ?
Abdel Halim Boudoukha • Dunod. Les topos + - 2 septembre 2009 |
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Stress, fatigue, épuisement, voire choc ou traumatisme ? Il ne se passe pas une journée sans que nous les invoquions pour expliquer notre état de santé, nos tracas passagers, nos échecs ou les comportements de nos semblables. Premier au rang des accusés, le stress, qui génère un mal-être, voire de véritables «maladies» ou souffrances psychiques. Il s'agit du burn-out (épuisement psychique) ou du traumatisme psychologique (stress post-traumatique).
Comment se créent et se développent de telles psychopathologies ? Comment s'expriment-elles cliniquement chez les patients ? Que faire et comment aider psychologiquement ces patients qui souffrent ?
Pour répondre à ces questions et bien d'autres encore, cet ouvrage aborde de façon très pédagogique les aspects tant cliniques que psychopathologiques des souffrances psychiques consécutives des violences et du stress de plus en plus prégnants dans les relations interpersonnelles.
Suicide et travail que faire ? |
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Pourquoi le travail conduit-il certains d’entre nous à se suicider ? Que signifient ces actes, quel message adressent-ils à ceux qui restent ? Que s’est-il passé dans le monde du travail pour que des suicides soient perpétrés jusque sur les lieux du travail ? En quoi consistaient les protections qui permettaient naguère de conjurer ce fléau ? Que faire après un suicide ? Quelles investigations convient-il de mettre en œuvre pour élucider les étapes du processus conduisant à la mort ? Quelles transformations de l’organisation du travail peut-on envisager pour reconstruire le tissu social et les solidarités sans lesquelles il n’y a pas de prévention du suicide possible ?
Ce livre rassemble les principales données cliniques et théoriques sur le suicide au travail. Prenant appui sur une intervention menée après plusieurs suicides sur un même site, les auteurs proposent une série de principes sur lesquels il est possible de fonder une action rationnelle.
Extension du domaine de la manipulation |
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L'épanouissement personnel par le travail est-il le nouveau mot d'ordre de notre époque ? À l'heure de « l'entreprise à visage humain », du coaching et des chartes d'éthique, jamais pourtant l'angoisse n'a été aussi forte dans le monde de l'économie. Jamais les suicides n'ont été aussi nombreux au sein de l'entreprise.
N'y aurait-il pas une perversité à s'appuyer sur le couple bonheur et labeur ? Les cadres d'aujourd'hui ne seraient-ils pas les victimes consentantes d'une nouvelle forme de violence ? Les « leaders » ne sont-ils pas écartelés entre des injonctions contradictoires ? Performance et épanouissement, engagement et flexibilité, autonomie et conformité...
Michela Marzano, en philosophe autant qu'en polémiste, jette un éclairage inédit sur cette nouvelle forme d'aliénation contemporaine : l'extension du domaine de la manipulation, de l'entreprise à la vie privée.
Au-delà du stress au travail : une sociologie des agents publics au contact des usagers |
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Tel est le point de départ de cet ouvrage : non pas une exploration frontale et, il faut bien le dire, un peu déprimante du stress conduisant à un catalogue de situations de travail plus ou moins malheureuses, mais bien une volonté de décrire les usages sociaux auxquels il donne lieu. Les auteurs proposent ici une autre façon de parler du stress au travail qui évite les habituelles lectures psychologiques standardisées pour entrer de façon concrète dans les particularités de chacune des activités professionnelles étudiées, celles des agents de services publics au contact avec les usagers.
Préface de Nicolas Sandret Journal d'un médecin du travail : la souffrance au travail |
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Un adage affirme : « le travail c'est la santé ». Réalité ? Peut-être pas. Il s'agit même pour certains d'une véritable torture morale.
Le journal tenu par le docteur Dorothée Ramaut pendant six ans est un témoignage unique de la détresse et la souffrance psychologique des salariés d'une grande surface. Elle y dénonce un harcèlement « stratégique » et systématisé, appliqué à l'ensemble de la hiérarchie.
Le docteur Ramaut est le premier médecin du travail à rompre le silence trop longtemps gardé sur ces méthodes « contraires aux droits de l'homme ».
J’ai très mal au travail, cet obscur objet de haine et de désir |
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Synopsis : Stress, harcèlement, violence, dépression, suicide, reviennent de plus en plus fréquemment lorsqu'il est question du travail. Destruction des formes de solidarité collective, solitude et mise en concurrence des salariés, systèmes d'évaluation permanents et encouragement à la délation, recours à des techniques de management qui occultent l'individu au profit du seul rendement : tout concourt à déshumaniser le monde du travail...
Avec notamment Paul Ariès, Christophe Dejours et Nicole Aubert.
Compléments du DVD :
* Souffrance et plaisir au travail : Maguy Lalizel, ex-ouvrière de Moulinex (43 min), Marie Pezé, psychanalyste (28 min), Paul Ariès, politologue (31 min), Christophe Dejours, psycho-dynamicien du travail et psychanalyste (110 min)
* Cinq hommes et un garage, un film de Basile Carré-Agostini (55 min) : Un petit garage de réparation automobile à Paris. Un patron, deux mécaniciens, deux commerciaux... Entre chronique journalière et portraits d'hommes en activité, le réalisateur quête le sens du travail.
Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés |
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